Réunion Annuelle du Centre de Cancérologie Paris-Nord
Congrès de la Société nord-américaine de Radiologie
Lavement baryté vs coloscopie selon Medicare
Parkinson et Gamma Knife
La TV, même éteinte, est dangereuse pour les enfants
Poignet du golfeur : attention à l'os crochu
IRM, encéphalopathie au cours du SIDA et inhibiteurs de protéase
Périodicité des mammographies de dépistage, coût et efficacité
Les femmes enceintes sont prêtes à payer pour l'échographie
Violon et scanner
Syndrome de fatigue chronique et perfusion cérébrale
Explorations de l'abdomen : le scanner et l'IRM en vedette (américaine)
Prostate et IRM

 


Congrès de la Société nord-américaine de Radiologie

 

Le 83° congrès de la Société Nord Américaine de Radiologie (RSNA) marque un tournant dans la vie de la communauté radiologique mondiale en admettant officiellement, par la voix de son nouveau président le Dr Michael Sullivan, la mondialisation du congrès car la participation étrangère représente 30% des 20 000 médecins inscrits et que sur ces 7000 étrangers, plus de 3000 sont européens. Le nombre total de visiteurs devait dépasser nettement les 60 000 cette année. La RSNA compte 30 000 membres dont 3000 à titre étranger.

Les organisateurs du congrès européen baptisé ECR et qui se tiendra annuellement à Vienne à partir de 1999 espèrent eux-aussi que cette manifestation plus jeune, 10 éditions en 20 ans, bénéficiera aussi de cette tendance. Pour la francophonie, les Journées Françaises de Radiologie jouent le même rôle avec 14 000 visiteurs cette année.

Cette participation se retrouve également dans les 1700 communications scientifiques, les 1051 posters et même dans les 264 séances de FMC. D'autre part, le plus grand centre américain des congrès est devenu encore plus grand, "the biggest is bigger", avec l'inauguration du bâtiment sud : 3 bâtiments gigantesques se partagent pour accueillir les congressistes et l'exposition technique qui reste le clou de cette manifestation avec 600 exposants : en imagerie, le progrès technique et le progrès scientifique sont étroitement liés, même sous l'omniprésente contrainte économique. En effet, sur 30 séances en parallèle, 15 le matin et 15 l'après-midi, 2 étaient consacrées aux études économiques sur des sujets très divers : impact des réseaux et des systèmes de dictée vocale sur l'organisation et le fonctionnement des services, étude de la déconversion potentielle par le retour aux produits de contraste iodés ioniques à haute osmolalité, moins coûteux (5 fois aux USA) mais moins bien tolérés, effet de l'introduction d'un ticket modérateur en échographie obstétricale (co-payment)... C'est dans ce contexte que le Dr Sullivan a fait répéter par une salle, comble et debout, le serment d'Hippocrate...

 

PROGRES SCIENTIFIQUES ET PROGRES TECHNIQUES

La coexistence d'une importante exposition technique et de nombreuses séances plénières et de séances à thèmes permet de mesurer les évolutions dans tous les domaines de l'imagerie. En effet, s'il n'y a pas de révolution, que ni le marché ni l'économie de la santé ne permettraient d'absorber, l'amélioration se poursuit dans tous les domaines permettant de juger des échéances plus sereinement.

En Radiologie dite conventionnelle, la tendance au "tout numérique" se poursuit dans tous les domaines : numérisation sur amplificateurs de brillance, fixes ou mobiles, pour la radiologie générale, vasculaire, interventionnelle et la coronarographie à haute cadence d'images (25 images/seconde voire plus), numérisation par plaque photo-stimulable et numérisation par détecteurs plans en mammographie et en radiologie générale.
La technique des détecteurs est probablement une technique d'avenir : elle est déjà opérationnelle sur certains mammographes avec un petit champ, pour des applications interventionnelles (biopsie, repérage par hameçon), et sur d'autres à plus grand champ avec une qualité d'image impressionnante, une résolution de 50 microns est demandée par la FDA, nécessitant des écrans de haute qualité et un système de reproduction en haute résolution que plusieurs fabricants de reproducteur laser proposent déjà.

L'extension de cette technique à la radiologie plus générale est apparemment plus lente que prévue car les problèmes techniques ne sont pas encore résolus pour l'extension à un large champ. On annonce des systèmes classiques pour la radiologie osseuse et pulmonaire pour dans 2 ans et des tables plus polyvalentes, avec scopie, pour dans 4 à 5 ans. L'impact de ces techniques sera multiple, non seulement en raison de la diminution de l'irradiation, sujet très présent cette année, mais également sur la façon de concevoir le fonctionnement d'un service et la chaîne d'imagerie, du détecteur à l'écran sans passer par le film.

 

L'échographie est une des grandes vedettes du marché avec plusieurs appareils de très haut de gamme, reposant sur une station de travail, dont les prix avoisinent ceux des scanners d'entrée de gamme. L'amélioration porte sur la qualité de l'image et la façon d'utiliser les différentes composantes du son (harmoniques), sur le Doppler et l'extraction des informations. La NASA a également choisi des appareils à envoyer dans la navette spatiale et la future station orbitale pour les études physiologiques... Enfin, la plupart des appareils sont capables d'envoyer images et comptes-rendus sur Internet sans passer par un PC.

En tomodensitométrie par scanner, la rotation continue avec acquisition hélicoïdale s'est installé comme la technique de choix, le scanner classique ayant pratiquement disparu même en entrée de gamme. Tous les fabricants ont suivi un grand fabriquant japonais sur le principe de la "scopie" par scanner avec acquisition de 6 à 8 images par seconde pour guider les gestes interventionnels. Certains proposent même l'intégration du scanner dans la salle de vasculaire et d'interventionnel pour ces applications où la place du scanner hélicoïdal s'affirme de plus en plus.
Plusieurs fabricants proposent des solutions pour la chirurgie stéréotaxique guidée par les images acquises par scanner.

L'IRM ne connaît pas de grand changement technique, les gradients puissants (hypergradients) s'étant généralisés pour permettre une imagerie encore plus performante : acquisition en apnée, haute résolution, IRM dynamique, angio-IRM sans ou avec contraste. Une tendance s'affirme toutefois, celle des aimants plus courts et plus légers donc plus "conviviaux", plus tournés vers le patient...

La Médecine Nucléaire n'est pas en reste avec le PET (Tomographie en Emission de Positons) au 18 FDG et l'utilisation du 18 FDG avec les cameras plus classiques équipées pour la détection de coïncidence sans oublier la scintigraphie au Tc 99 Sestamibi pour la détection de certains cancers du sein.

 

LE TRAITEMENT DE L'IMAGE OU L'ENJEU DU 2° MILLENAIRE

En fait, derrière le progrès continu des techniques apparaît un changement radical du mode d'exercice de la profession. Chaque technique délivre de plus en plus d'images de haute qualité qu'il faut visualiser et dont il faut faire un synthèse utile au clinicien et donc au patient...
La lecture nécessite des écrans de qualité différente selon qu'il s'agit d'une lecture diagnostique, haute qualité nécessaire, ou au contraire d'une simple lecture informative, un écran de PC étant alors suffisant. Le couplage à des systèmes experts peut améliorer les performances comme en mammographie avec la détection et la caractérisation des microcalcifications et des masses. D'autre part, par le jeu de ces images de nombreux traitements sont possibles : le 3D autrefois réservé au scanner s'applique aussi à l'échographie et à l'IRM. Le 3D lui-même se perfectionne grâce aux stations de travail et aux consoles des appareils avec des applications nouvelles : représentations volumiques avec effets de transparence (volume rendering) mais aussi imagerie virtuelle : colonoscopie, cystoscopie et bronchoscopie... Tout cela prend du temps, du temps médecin, et la grande demande actuelle des radiologues est celle d'une augmentation des performances des stations et d'une simplification des procédures : trop de consoles ressemblent, en effet, à des rêves d'informaticiens fous!
Une fois l'image traitée, il faut la transmettre sur un support (film,
papier) ou sans support par "fil" : fil du téléphone (RTC, Numérique), par réseau Ethernet ou ATM ou par Internet/Intranet sans oublier les satellites. Il ne reste plus qu'à l'archiver à court, moyen et long terme avec des supports très différents. La généralisation des films "à sec" pour les reprographes laser a aussi un intérêt écologique en supprimant la chimie et les problèmes d'effluents...

L'hôpital du Hammersmith de Londres, qui n'aurait pas suivi les recommandations de l'ANDEM, fonctionne sans film depuis 18 mois à la satisfaction générale, l'impact financier étant difficile à calculer car l'hôpital lui-même a été restructuré pour d'autres raisons. Plusieurs études, américaines cette fois, vont dans le même sens et cette évolution paraît inéluctable avec un impact probable sur la prise en charge des patients, même en dehors de la réanimation. Tout le monde devra s'adapter...

Dr Robert Lavayssière




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