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Prostate et IRM

 


Prostate et IRM

Le cancer de la prostate est le deuxième tueur chez l'homme aux USA et de nombreux travaux ont porté sur l'IRM avec des résultats plus ou moins probants malgré une grande sensibilité. Les tentatives actuelles espèrent améliorer la spécificité avec l'emploi des produits de contraste et de la spectroscopie du Proton à haut champ seulement (1,5T), l'usage de l'antenne endorectale s'étant quasiment généralisé, en combinaison avec une antenne à champ plus large (réseau phasé ou corps entier). La constatation en IRM d'une extension extra-capsulaire est une bon facteur prédictif de récidive après traitement chirurgical selon T. Manzone (Philadelphie) d'après une série de 116 patients ayant subi une IRM pré-opératoire dont 13 avaient une extension extra-capsulaire s'accompagnant de 8 récidives (62%). Le risque de récidive est plus faible dans les formes apparemment localisées en IRM (récidive : 24%) ou avec une extension microscopique possible en IRM (récidive : 27%). Pour Mattew Rifkin (Albany), la collaboration entre le radiologue et le chirurgien permet d'affiner l'interprétation de l'IRM avant intervention d'après une série de 108 patients dont 60% avait une maladie localisée, 25% une infiltration capsulaire, 11% une extension extracapsulaire et 8% une invasion des vésicules séminales. Le PSA moyen était de 6,7 ng/ml. La corrélation à la clinique permet d'améliorer la précision qui passe à 76%.

Produit de contraste

L'injection de gadolinium avec étude dynamique avec soustraction différencie le cancer par sa prise de contraste précoce et intense par opposition à l'adénome. Ces critères ont été appliqués dans d'autres domaines et on sait qu'il y a des valeurs de chevauchement. L'extension capsulaire et les limites seraient mieux vues également. A. Padhani (Royal Marsden Hospital, GB) a utilisé des acquisitions toutes les 10 secondes pendant 7 minutes chez 65 patients avec des résultats exploitables dans 53 cas étudiés avec une antenne à réseau phasé. Le logiciel de soustraction utilisé à été conçu localement et n'est pas disponible commercialement. Tous les cancers prennent le contraste avec une bonne corrélation avec les dosages des PSA, la prise de contraste étant d'autant plus intense que le score de Gleason est élevé. L'étude de la zône centrale reste difficile et le volume tumoral est sous-estimé.

Selon M. Cruz (Osaka) sur les seuls critères morphologiques en pondération T2, la sensibilité est de 98% mais la spécificité n'est que de 57% et la précision de 67% en utilisant une antenne endorectale. Les lésions malignes sont mal limitées et hétérogènes le plus souvent. En imagerie dynamique, 42% des lésions ayant une prise de contraste précoce sont malignes et 84% des lésions présentant un réhaussement secondaires sont bénignes.

Spectroscopie

L'emploi de la spectroscopie n'est possible qu'à haut champ et allonge la durée de l'examen d'environ 20 mn. JE Scheidler (San Francisco) retrouve la même spécificité spontanée, de 55% dans sa série en associant antenne endorectale et antenne à réseau phasé mais l'améliore en utilisant la spectroscopie du proton (choline + creatine/citrate) avec une spécificité de 89% et une valeur prédictive positive > 94% pour les 2 observateurs, la référence étant l'examen anatomo-pathologique de la pièce. L'étude de la zône transitionnelle reste difficile et il n'y a pas de corrélation avec le score de Gleason. Cette technique peut également être employée lorsque les modifications post-biopsiques, cas le plus fréquent, induisent des signaux difficiles à interpréter selon Y. Kaji (San Francisco) sur une série rétrospective de 175 cas. Dans ce cas, la spécificité de l'IRM seule est de 26%, celle de la spectroscopie est de 65,8% avec une précision de 75%.

Dr Robert Lavayssière




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